Longue lettre de Louis Agassiz à Elie de Beaumont.Mention de Bey Delessert, d’Humboldt, de Buch, de Michelin. Envoi de fossiles et de manuscrits imprimés (A l’intérieur de la même écriture, feuilles sur les glaciers) [Image 8]

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à la station supérieure par une inclinaison de 43° de 0m11 ou par jour de 7 millimètres à la station moyenne par ----- 40 -- 0,28 = 17 mill par jour à la station inférieure ------ 29 -- 0,58 = 36 mill par jour.

Il y a donc eu ici une accélération notable de haut en bas, puisque la station inférieure a marché cinq fois plus vite que la station supérieure ; et cependant la pente est de plus d'un quart moins [1 mot barré] considérable ; mais en revanche la masse est beaucoup plus large et d'après le relief des bords ; beaucoup plus profonde [1 mot barré]. Tout concourt donc à nous prouver que la pente ne joue qu'un [1 mot barré] faible rôle dans le mouvement des glaciers tandis que la masse influe d'une manière beaucoup plus directe sur sa vitesse. C'est aussi uniquement de cette manière [2 mots barrés] qu'on peut se rendre compte de la différence de vitesse entre le grand glacier et les glaciers latéraux. La vitesse acquise ne saurait être d'un bien grand poids (au glacier de l'Aar du moins) puisque le grand glacier va en se ralentissant d'amont en aval. Reste à expliquer la contradiction apparente qui existe entre les glaciers latéraux qui vont en augmentant de vitesse de haut en bas, lorsqu'ils ne sont pas gênés dans leur cours (témoins le glacier de Trift postérieur) et le grand glacier qui va au contraire en se ralentissant. Or il faut remarquer que le ralentissement n'est point inhérent au glacier dans toute sa longueur ; il ne commence qu'à une certaine région (au n°5 au dessous de l'Hôtel des Neuchâtelois au glacier de l'Aar) ; tout ce qui est en amont de ce point suit la règle commune, c'est-à-dire va aussi ici en augmentant de vitesse de haut en bas. J'envisage par conséquent le ralentissement graduel de la portion terminale et moyenne comme un phénomène propre aux grands glaciers et je suis parti à croire qu'il est en liaison interne avec la structure de la glace, qui devient toujours plus compacte vers l'extrémité, ainsi que l'ont démontré les recherches que M. Dollfus a faites cette année sur la densité de la glace. Par cette raison et à cause de la forme des moraine médianes, que j'ai retrouvée la même sur plusieurs glaciers, je ne pense pas que le ralentissement des régions terminale et moyenne soit un phénomène exclusivement propre au glacier de l'Aar, c'est [4mots barrés] la règle et non l'exception.