Longue lettre de Louis Agassiz à Elie de Beaumont.Mention de Bey Delessert, d’Humboldt, de Buch, de Michelin. Envoi de fossiles et de manuscrits imprimés (A l’intérieur de la même écriture, feuilles sur les glaciers) [Image 4]

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culier qui n'avait pas encore été signalé, c'est que près des bords, le mouvement est à peu près aussi accéléré dans la direction transversale c'est-à-dire contre le rivage, que d'amont en aval, ce qui m'obligeait à raccourcir de temps en temps l'indicateur pour l'empêcher de toucher le rocher. Comme la plupart des glaciers et dans le nombre celui [2 mots barrés] de l'Aar, étaient en progression cette année, par suite de la grande accumulation des neige et du peu de fonte de l'été 1843, je fut curieux de connaître la quantité dont l'extrémité se portait en avant dans un temps donné. J'employai à cette fin un appareil des plus simples ; je pris un bâton que je posai sur quelques pierres libres, en l'appliquant par l'une de ses extrémités contre la face verticale d'une grande pierre de la moraine ; de cette manière le moindre avancement de la moraine poussait le bâton en avant, [1 mot barré] dont l'extrémité opposée débordait d'autant les pierres libres sur lesquelles il reposait. Or, comme le bâton était gradué, il suffirait de compter les millimètres en avant de la première pierre libre, pour savoir au juste de combien le glacier s'était avancé (voy le dessin fig II). Ce mouvement de translation est essentiellement faible. Du 18 août au 4 septb l'avancement total a été de 0m155, ce qui fait environ 9 millimètres par jour. Du 4 septb au 4 nvb le mouvement s'est encore ralenti ; il n'a été que de 0m295, c'est-à-dire d'environs 5 millimètres par jour. J'ai l'ai toujours trouvé [2 mots barrés] très uniforme, ne présentant que des différences de 2 ou 3 millimètres par jour ; d'où je conclus qu'à son extrémité, comme dans ses cônes supérieur, le glacier n'avance pas d'une manière brusque, par saccades, comme on le supposait jadis, mais que sa marche est graduelle et continue. Mais ce à quoi je m'appliquai surtout, ce fut d'observer le mouvement des [1 mot barré] glaciers latéraux suspendus aux flancs des montagnes (glaciers de second ordre de Saussure) sur lesquels on ne possédait aucun. J'organisai à cette fin des stations sur plusieurs des glaciers latéraux qui débouchent dans le grand glacier de l'Aar et comme leur largeur n'est pas telle qu'on ne puisse distinguer un bâton d'une rive à l'autre, il suffisait de planter des pieux dans le glacier et de les aligner avec des points fixes du rivage. Je choisis d'abord le glacier de Grünberg, le plus incliné de tous ; un premier pieu fut planté au milieu du glacier à une distance de 120 mètres du confluent, en un endroit où la pente de la surface est de 32°, un second pieu fut aligné [1 mot barré] de la même manière, 150 mètres plus haut en un endroit où