Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 44]

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DANS LES ARDENNES FRANÇAISES

ÉTUDE SUR L'INDUSTRIE DU FER

IV. — LA FONDERIE. La fonderie, comme la boulonnerie, est une vieille industrie ardennaise. Dans son livre sur F Industrie du département, M. Nivoit consacrait déjà une large part au moulage de la fonte ; nous ne reprendrons pas ici les principes de ce travail qu'il a indiqués dans son ouvrage (§ 160-165). Nous montrerons d'abord les progrès énormes et le développement de cette industrie depuis quarante ans et nous décrirons quelques usines que nous avons visitées. Tout d'abord nous signalerons la disparition complète des moulages en première fusion ; M. Nivoit indique déjà qu'en 1869 celle-ci n'était plus pratiquée que dans les hauts fourneaux de Signy-le-Petit, Haraucourt et Apremont. Aujourd'hui, dans le département, n'existent plus de hauts fourneaux : c'est en 1894 que le dernier, celui de VireuxMolhain, fut mis hors feu. La seule fonderie actuelle est donc celle de deuxième fusion ; pour donner une idée de son développement depuis trente ans. la production de fonte moulée, qui, en 1867, était de 22.000 tonnes représentant une valeur de près de 6 millions, est passée en 1900 à 72.000 tonnes représentant une valeur de 18 millions. Le nombre des cubilots, qui était de 42, est aujourd'hui de 130, et le nombre des ouvriers employés est passéde 1.850 à 5.400. Enfin le salaire moyen, qui était de 4 francs par jour, est maintenant de 8 à 9 francs. Mais, à côté de ce développement remarquable de la fonte ordinaire, il faut placer la production d'une autre variété qui joue aujourd'hui un rôle essentiel, nous voulons parler de la fonte malléable. C'est en 1863 que fut introduit en France, à l'usine de Froide-Fontaine, commune de Neufmanil, la fabrication de ce produit ; la fonte

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malléable n'était connue auparavant que des Liégeois, qui la fabriquaient à titre de curiosité. C'est donc au département des Ardennes, et en particulier à l'usine Jacquemart, que nous décrirons plus loin, que revient l'honneur d'avoir introduit en France la fabrication de la fonte malléable. A l'heure actuelle, il y a dans le département 18 fonderies de fonte malléable produisant environ 3.100 tonnes, soit une valeur de 25 millions. Le nombre des ouvriers employés est de 800. Enfin, nous signalerons que plusieurs usines ne se contentent pas de traiter la fonte en seconde fusion ; dans beaucoup d'entre elles, on coule aussi de l'acier fondu, de l'aluminium, du cuivre, en un mot tous les métaux susceptibles d'être moulés. Nous ne pouvons songer à citer ici toutes les fonderies de la vallée de la Meuse ; nous nous contenterons de signaler les plus importantes et d'en décrire quelques-unes. Les principales fonderies des Ardennes, qui occupent de 10(3 à 1.000 ouvriers, sont: Société métallurgique d'Aubrives et Villerupt, à Aubrives ; — Péchenart, à Bourg-Fidèle; — Deville, Paillette et Forest, à Charleville ; — Gustin fils aîné, à Deville ; — Guillet et C i0 , à Haraucourt; — Boutmy et C i8 , à Margut; — V e Jacquemart, à Neufmanil; — HardyCapitaine et C lc , à Nouzon; — Henri Faure, à Revin; — Arthur Martin, à Revin; — Henri Morel, à Revin; — Moranvillé et Huet, à Yivier-au-Court; — Société du Pied-Selle, à Fumay; — Fonderies de Monthermé et Laval-Dieu.

  • FONDERIE V

va

JULES JACQUEMART, A FROIDE-FONTAINE.

Cette usine fut fondée en 1836 ; elle se trouve située à 2 kilomètres environ au-dessus de l'usine de la Cachette, dans la vallée de Neufmanil et Gespunsart, où coule le