Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 14]

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ÉTUDE SUR L'INDUSTRIE DU FER

DANS LES ARDENNES FRANÇAISES

mouvement ne se généralise, et aux périodes de crise laisse inoccupée l'industrie des Ardennes. A vrai dire, il n'y a pas, dans le courant de l'année, de morte-saison dans la grosse industrie ardennaise ; la prospérité du commerce semble soumise néanmoins à des fluctuations assez régulières ; à trois années très bonnes succèdent généralement trois années médiocres, et à celles-ci trois années mauvaises.

2.450 Est, 2.000 Paris-Orléans, 1.000 Nord, 800 Ouest, 200 Etat, 620 colonies et divers (ensemble : 16.750 wagons). A ce nombre, il faut ajouter plusieurs centaines de wagons construits par les Sociétés minières, et pour lesquels, comme pour les premiers, la plus grande partie des ferrures a été commandée dans les Ardennes. Cette surabondance de commandes s'explique par un développement du commerce et une pénurie de moyens de transport. Voici, en particulier, l'opinion de la Compagnie d'Orléans sur la crise des transports : « En 1905, dès que la reprise s'est manifestée, nous avons fait d'importantes commandes, mais l'augmentation qui s'est produite sur les transports en 1906 a dépassé toutes les prévisions. En même temps, par suite de grèves et d'autres circonstances, nos fournisseurs n'ont pu nous livrer qu'avec plusieurs mois de retard le matériel sur lequel nous comptions l'an dernier : nous allons seulement recevoir les machines à marchandises à grande puissance commandées en 1905, et dont La livraison aurait dû commencer depuis quatre mois. Il en est résulté une pénurie de matériel et des irrégularités de service qu'il n 'a pas dépendu de nous d'éviter. La crise du matériel dont nous avons eu à souffrir s'est d'ailleurs notablement aggravée par ce fait que, par suite de l'application de la loi sur le repos hebdomadaire, les expéditeurs et les destinataires ont cessé de fréquenter nos gares le dimanche ; les opérations de chargement et de déchargement des marchandises se trouvant ainsi suspendues, la libération de notre matériel se trouve retardée, et son utilisation diminuée. »

Situation actuelle des ateliers de forges (*). — Le fait caractéristique des années 1906-1907, c'est la surabondance des commandes succédant à une période de crise de 1902 à 1905. Depuis 1900, la situation n'a jamais été aussi surchargée qu'en ce moment : ferrures d'autos et ferrures de wagons sont commandées en quantité considérable, et les industriels sont pour la plupart débordés. Cette situation, qui certainement ne durera pas, a des causes nettement déterminées. En ce qui concerne les autos, les voitures de luxe et de tourisme et en général toutes les voitures livrées au public ont une clientèle qui a été sans cesse en augmentant depuis quelques années. De plus, la construction des fiacres (taximètres automobiles et autobus) et celle des poids lourds ont pris une extension considérable ; il en est résulté pour les usines qui confectionnent les ferrures une poussée formidable qui assure aux usines un aliment sérieux dont il est difficile de prévoir la fin. En ce qui concerne le matériel des chemins de fer, il suffit de consulter les chiffres fournis par la Chambre de commerce de Charleville pour juger de l'encombrement du marché. Ainsi, dans le courant de 1906, il a été commandé : 9.500 wagons Paris-Lyon-Méditerranée, (*) Communication de M. Mandois, ancien élève des Arts et Métiers, contremaître des forges aux ateliers d'Epernay.

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Conséquences de la surabondance. — Cette surabondance des commandes venant après la crise de 1902-1905 (période pendant laquelle les industriels purent à grand'peine continuer k alimenter leurs ateliers), cette sura-