Annales des Mines (1905, série 10, volume 7) [Image 336]

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'COMMISSION DU GRISOU

et leur hauteur totale, qui est de 60 centimètres, fait qu'elles ne dépassent, pas les épaules; elles sont réunies par le haut et par le bas et forment un ensemble qui n'a que 26 centimètres de largeur, qui ne dépasse par conséquent pas la largeur du dos et n'expose pas celui qui porte l'appareil à être accroché au passage; entre les bouteilles est placé le détendeur, qui se trouve ainsi protégé contre les chocs, ce qui est une condition évidemment favorable ; néanmoins, comme il y a encore d'autres points vulnérables, tels que, par exemple, les tuyaux de communication, il serait bon, je crois, pour le service dans les mines où on peut avoir à circuler dans des passages étroits, de recouvrir l'appareil d'une enveloppe protectrice en cuir. • •

Le diamètre des bouteilles est de 10 centimètres. C'est aussi la mesure de la saillie que fait l'appareil sur le dos du sauveteur. Quand il s'agit de circuler dans des passages . étroits, c'est- beaucoup assurément, mais il est difficile d'obtenir des appareils respiratoires efficaces, qui soient moins encombrants. L'appareil Drager et celui de la Sauerstoff-Fabrik sont sensiblement dans les mêmes conditions. En somme, l'ensemble de l'appareil parait robuste et bien construit; la pièce qui pourrait inspirer quelques inquiétudes est le détendeur (c'est aussi. d'ailleurs la pièce délicate dans les appareils similaires)-; mais, depuis quatre ans qu'il est expérimenté par M. le lieutenant Vanginot, il n'a donné Heu à aucun dérangement ; un défaut de fonctionnement aurait d'ailleurs pour résultat de donner lieu à un débit exagéré du gaz, qui entraînerait une baisse plus rapide de la pression dont on serait prévenu par le fonctionnement du sifflet. Il n'y a pas à craindre non plus l'obturation des tuyaux et la cessation de l'arrivée d'air. Quant aux soupapes d'échappement du masque, leur simplicité les meta l'abri de tout dérangement.

RAPPORT SUR UAPPAREIL VANGINOT

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Par rapport aux appareils à accumulateur d'oxygène et régénération de l'air expiré, tels que les appareils Gartner, Neupert, Drager, Giersberg, l'appareil Vanginot présente l'avantage que l'emploi de l'air ordinaire l'affranchit de la sujétion imposée par le renouvellement de l'oxygène pur comprimé; la suppression des absorbants alcalins le met à l'abri . des difficultés qu'entraîne' cet emploi (difficultés qui ont donné lieu aux modifications et perfectionnements successifs apportés à ces appareils) ; à l'abri également de la nécessité qui s'impose d'employer des produits spéciaux dont la conservation est difficile et qui peuvent se trouver altérés au moment de l'emploi. Pour ces diverses raisons, l'appareil Vanginot échappe, plus que tout autre, au danger de se trouver hors de , service au moment où on en a besoin. Le renouvellement de l'air est toujours facile, puisqu'il suffit d'un petit compresseur d'environ deux chevaux pour comprimer l'air dans un récipient de capacité suffisante placé à demeure sur le carreau de la mine. La construction de l'appareil est aussi plus simple, et sa mise en action ne comporte qu'une manœuvre des plus faciles, une ouverture de robinet aisée à contrôler. Enfin, l'air que l'on respire est toujours frais et : ne court aucun risque de se charger en acide carbonique et vapeur d'eau. L'ancien appareil présentait, par rapport à ceux à régénération, un inconvénient capital qui était que l'on ne disposait que d'un temps très court (quinze à vingt minutes), à cause de la faible capacité du réservoir d'air. Avec le nouvel appareil, cet inconvénient est fortement atténué, puisqu'on dispose d'environ cinquante à cinquante-cinq minutes en comptant vingt litres par minute, soit plus du double de la consommation normale. C'est une durée inférieure à celle de l'appareil Drager, qui atteint pratiquement une heure et demie, mais elle est déjà très suffi-