Annales des Mines (1899, série 9, volume 15) [Image 200]

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DANS LA RÉGION DE SAINT-ÉTIENNE

L'INDUSTRIE MÉTALLURGIQUE

blindages de tir- que ceux qu'on fabriquait en France. Ces concurremment furent essayés au polygone de Vincennes premier coup de avec ceux de Saint-Chamond ; mais, au fourniscanon, le blindage suédois vola en éclats, et son séance tenante, seur en éprouva une belle déconvenue que, il se suicida. Jusqu'à Les bandages sans soudure. L'acier puddlé.

du fer et ,de l'acier ne ce jour, l'industrie métallurgique possède pour les fabrications courantes que les fers au bois. Les bois et les fers puddlés de fonte au coke ou au chemins de fer demandent des métaux plus durs que ces à des fers à nerfs ; mais l'acier corroyé, l'acier fondu sont .s'efforcent-ils prix trop élevés. Aussi les métallurgistes soit en cherchant un métal de résoudre le problème nouveau, soit en réduisant l'emploi de l'acier fondu strictement aux parties qui doivent présenter une grande dureté. le fer à grain Le métal nouveau est bientôt trouvé, et -qu'on réussit à fabriquer par puddlage, l'acier puddh. diverses. reçoivent immédiatement les applications les plus tarde pas à être également

La seconde solution ne

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fondu

trouvée : on remarque que, si l'on coule de l'acier soudent sur du fer fortement chauffé, les deux métaux se -ensemble ; F. F. Verdie prend un brevet pour ce procédé ainsi obtenus. et donne le nom d'aciers mixtes aux produits En 1854, l'usine de Firminy se crée pour l'exploitation grande de ce procédé, qui a été plus tard appliqué sur une mixtes ,échelle pour la fabrication des plaques de blindage .,ou compound.

constitue uta

La création des fers puddlés à grain fin progrès lrès important dans l'industrie métallurgique; fabriquent grâce à ce produit que les usines Pétin-Gaudet est possible il qualité, dès l'origine d'une excellente demandent les d'aborder les fabrications difficiles que

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chemins de fer alors à leur début, la Marine, l'Artillerie. A peu près à la même époque, en 1852, l'usine d'Unieux introduit en France le procédé de puddlage de Wolf et Langwiller, permettant de produire des aciers soudables suffisamment durs pour remplacer l'acier cémenté dans la fabrication des ressorts, des aciers corroyés, la taillanderie, l'aciérage des outils et beaucoup d'autres usages, et cette .nouvelle fabrication contribue grandement à la prospérité des établissements Jacob Holtzer et Ci°. L'industrie métallurgique se trouve ainsi en possession de métaux présentant des propriétés nouvelles dont l'usine de Rive-de-Gier sait tirer un très grand parti. En 1849, Pétin et Gaudet prennent un brevet pour le laminage des bandages sans soudure, à l'aide de cylindres horizontaux mobiles et en porte-à-faux. C'est là une solution mécanique extrêmement remarquable pour une fabrication qui intéresse au plus haut point la sécurité sur les chemins de fer. Elle ne peut être pratiquement appliquée qu'avec ce fer à grain fin, dur et résistant, que l'on peut alors proeysans difficulté avec les fontes an bois provenant du Berry.

Vers la même époque, à la suite des études dirigées par les généraux Frébault et Virgile et 'par le colonel Maillard, l'Artillerie de Marine est amenée à reconnaitre l'importance du frettage des corps de canons. Il faut, pour réaliser le désidératum formulé, un métal résistant, élastique, très homogène. Le fer à grain fin, enroulé sans soudure, est ainsi tout indiqué, et Pétin et Gaudet ne tardent pas à fabriquer des frettes présentant toutes les qualités désirables. C'est ainsi qu'en 1859 ils construisent dans l'usine (le Saint-Chamond, qu'ils .ont récemment créée, et oit ils' ont installé les nouvelles fabrications, un canon de 16 centimètres en acier forgé, se chargeant par, la culasse. Là pièce, exécutée sur les ,plans du colonel Treuille de Beau-S lieu, a 4'3,50 de longueur ; elle pèse 4.600 kilogrammes et