Annales des Mines (1897, série 9, volume 11) [Image 181]

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DE M. MASSIEU

Malgré les travaux de Fresnel, de Cauchy, de Lamé, on ne possédait que des théories incomplètes ou impar-

charme de son foyer domestique. Il entoura leur éducation de tous ses soins, et il put, en quittant ce monde,

faites, reposant toutes sur un certain nombre d'hypoEI,E1

ItEj

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NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX

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thèses. M. Massieu ne fait qu'une seule supposition : elle consiste à étendre aux milieux biréfringents ce fait, démontré expérimentalement pour les milieux monoréfringents,

de la non-interférence des rayons polarisés à angle droit. En s'appuyant sur cette hypothèse unique et se servant

de la méthode de Mac Cullagh à laquelle il donne de grands développeménts, l'auteur établit d'une façon très élégante la surface de l'onde élémentaire, c'esi-à-dire de l'enveloppe de toutes les ondes planes parties d'un même point dans toutes les directions. Cette équation le conduit

tout naturellement aux propriétés des axes optiques et des axes de réfraction conique. M. Massieu était désormais pourvu des titres nécessaires

pour entrer dans l'Université. Aussi, en même temps qu'il était mis à la tête du sous-arrondissement minéralo-

gique de Rennes (octobre1861), il était chargé par le Ministre de l'Instruction publique du cours de géologie et

de minéralogie à la Faculté des Sciences de cette ville, où il prenait la succession de Durocher, enlevé prématurément à la science. Il fut nommé professeur titulaire par décret du 13 août 1864. C'est à Rennes qu'allait s'écouler la plus grande, et, je puis dire aussi, la plus heureuse partie de son existence, près d'un quart de siècle. Il se maria en 1862. Il eut le bonheur de rencontrer én M'1° Morand, d'une honorable famille d'Orléans, une -

emporter la suprême satisfaction d'avoir assuré leur avenir sur des bases solides. Son fils est officier de cavalerie dans un des régiments de la frontière de l'Est. Sa fille a

épousé un ingénieur distingué du corps des Ponts et Chaussées, M. Louis Étienne, attaché à la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée.

Le cours professé par M. Massieu durait trois ans et comprenait une soixantaine de leçons par an ; il comportait ainsi de grands développements. M. Massieu consacrait une année entière à la minéralogie. La deuxième année, il étudiait dans le premier semestre la physique générale du globe et la géographie physique, dans le second les terrains primitif et primaire. Enfin, la dernière année, il employait le premier semestre à passer en revue les phénomènes géologiques.actuels et les roches, le second à examiner les terrains secondaire, tertiaire et quaternaire.

Son enseignement était d'une grande clarté, et sans cesse il en perfectionnait les détails. Ainsi qu'en témoignent

ses notes de cours, il n'apportait à ses auditeurs que des notions scrupuleusement étudiées et soigneusement mûries.

Parmi ses publications relatives à la géologie, je .citerai la coupe géologique des terrains traversés par le chemin

de fer de Rennes à Guingamp, et une note sur deux

femme de .coeur, dont l'affection vigilante et dévouée prit

variétés de carbonate de fer monohydraté amorphe, trouvées en Bretagne (*). Je mentionnerai également un mémoire inédit, que j'ai

à tâche d'écarter de sa route toute préoccupation .étrangère à Ses études, PassistaAiscrètement clans ses travaux

sphère homogène dont la température en chaque point ne

et lui rendit la vie douce et facile jusqu'à sa dernière heure. La naissance de deux enfants vint accroitre le

retrouvé dans ses papiers, sur le refroidissement d'une

(*) Comptes rendus de l'Amlémie des Sciences, tome LIX ; 4864.