Annales des Mines (1897, série 9, volume 11) [Image 179]

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NOTICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX

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DE M. MASSIEU INSPECTEUR GÉNÉRAL DES MINES

Par M. E. NIVOIT, Ingénieur en chef des Mines.

L'homme éminent dont je vais retracer la carrière était

à peine connu de la foule, et ses travaux n'ont guère franchi le cercle restreint d'un petit nombre d'initiés. Dépourvu d'ambition, il n'a jamais brigué les honneurs sa -vie s'est déroulée simple et modeste, tout entière

consacrée au travail; sans autres délassements que les joies de la famille et les purs plaisirs de. l'intelligence.

Une telle existence, d'une si .belle unité morale, ne doit pas être laissée dans l'oubli. Elle -mérite d'être -fixée

dans les Annales de notre Corps pour être offerte en exemple aux jeunes ingénieurs comme un modèle achevé d'honneur et de devoir.

DE M. MAS SIEU

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village natal, puis à celle de la Mailleraye, dont l'instituteur lui donna quelques notions de latin. Cet instituteur était un homme clairvoyant, qui n'eut pas de peine à deviner quels trésors d'intelligence renfermait ce jeûne cerveau. Sur son conseil, Mme Massieu se décida à faire entrer son fils, alors âgé de quatorze ans,

dans l'institution Guernet à Rouen. Il était difficile de faire un meilleur choix, car M. Guernet était rempli de sollicitude pour ses pensionnaires et s'entendait à les stimuler au travail et à exciter leur ardeur. L'institution Guernet suivait les cours du lycée Corneille.

Le jeune Massieu s'y trouva dès l'abord bien en retard sur ses condisciples, mais son assiduité et sa facilité- de compréhension lui permirent de combler rapidement les lacunes de son instruction, de gagner la tête de sa classe et d'obtenir de brillants succès, aussi bien dans le domaine dès lettres 'que dans celui des sciences: Ses qualités attachantes lui avaient valu l'affectueux intérêt de 'ses professeurs ; l'un d'eux, M. -Vincent, qui lui avait enseigné les mathématiques spéciales, s'en souvint à propos plus tard quand il voulut passer son examen de doctorat, car

c'est devant son ancien élève, devenu un maître à son tour, qu'il tint à soutenir sa thèse. En 1851, M. Massieu était reçu à l'École Polytechnique. Il y fut atteint d'une grave fièvre typhoïde, qui ne nuisit cependant pas à ses études, car il put, à sa sortie,

obtenir le service de son choix et entrer à l'École des Mines.

François-Jacques-Dominique Massieu naquit à Vatteville (Seine-Inférieure) le 4 août 1832. Il ne connut pas

son père, mort avant sa naissance.. Heureusement sa mère était une femme intelligente et énergique, qui sut remplir dignement le double devoir que lui imposait son veuvage prématuré. Il fit ses premières études à l'école primaire de son

Durant les trois années réglementaires qu'il passa à cette dernière école, il suivit avec un égal succès tous les cours. Son esprit ouvert et bien équilibré était apte à aborder toutes les matières, si arides qu'elles fussent. Aussi, comme le rappelait son camarade de promotion, M. Noblemaire, dans le discours ému qu'il a prononcé à ses obsèques, ses camarades se demandaient « duquel de