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Un laboratoire gratuit au succès immédiat

 

La création du Bureau d'essais. 

À partir de 1843, le laboratoire de l'Ecole des mines de Paris est exclusivement consacré aux travaux pratiques de chimie des élèves. A la suite de ce constat, le projet d'un laboratoire dédié aux essais minéralogiques est intégré dès 1843 aux travaux d'extension de l'hôtel de Vendôme prévus à l'époque. L'arrêté ministériel qui entérine la fondation du Bureau d'essais date du 16 novembre 1845. Il pose les grands principes qui régissent le nouveau laboratoire.

À la différence de l'ancien laboratoire du Conseil des mines, le bureau d'essais à un but beaucoup plus large : « il n'est pas seulement destiné à répondre aux questions que peuvent lui soumettre les différentes administrations publiques, travaux publics, douanes, octrois, ect. ; mais les particuliers, les ingénieurs, les directeurs de mines ou d'usines, les industriels, les agriculteurs, tous peuvent y recourir, pour demander l'analyse des substances dont ils ont intérêt à connaître la composition » (cette définition est donnée par A. Carnot en 1881 dans sa notice Les laboratoires de l'école nationale des Mines. Le Bureau d'essais est un organe à vocation universelle, destiné à tous.

La gratuité des prestations y est inscrite et vient renforcer cette notion de service public : « aucune rétribution ne sera due pour les essais exécutés exclusivement dans l'intérêt de l'industrie minérale » selon le texte officiel.

Le texte décrit également les modalités à respecter pour l'envoi des échantillons et les conditions de réponse. Il est nécessaire de donner des informations exactes sur la provenance des substances à analyser et « les circonstances de leur gisement » pour les minerais. Il est prévu la tenue d'un registre d'entrée, sur lequel est indiqué le numéro d'inscription de chaque échantillon. Ceux-ci sont traités dans l'ordre d'arrivée. Un second registre est renseigné, c'est le registre des réponses qui contient les résultats des analyses et dont un extrait est ensuite délivré aux requérants.  

Un succès immédiat 

En 1845, Edouard Rivot, alors encore seulement élève-ingénieur est placé à la tête « de la direction des travaux du laboratoire », sous l'autorité du professeur de docimasie Joseph Ebelmen. A la mort de celui-ci, Rivot le remplace officiellement dans toutes ses fonctions. Pendant plus de vingt ans, il assume les fonctions de chef du Bureau d'essais, en marquant durablement de son empreinte le fonctionnement du service.

Dès les premières années qui suivent la mise en service, la charge de travail est considérable. Rivot obtient finalement l'engagement provisoire d'un auxiliaire dédié aux analyses du bureau en 1849. Cependant, ce n'est pas suffisant pour faire face à l'afflux toujours croissant d'échantillons.

Rivot a l'idée de faire appel à des élèves de l'Ecole des mines. En décembre 1850, il propose au directeur de l'Ecole Dufrénoy « d'adjoindre chaque année pendant 6 mois (…) deux élèves ingénieurs de 4ème année à leur retour de leur second voyage » au Bureau d'essais. Choisis parmi les plus doués en travaux chimiques, ils exercent sous la responsabilité de Rivot. Ils reçoivent une rémunération, qui est payée sur le budget des laboratoires. C'est une bonne manière également de former et d'attacher progressivement de brillants ingénieurs au Bureau d'essais.

Ainsi en 1851, Edouard Cumenge et Amédée Beudant sont nommés ingénieurs ordinaires attachés au Bureau d'essais. Beudant devient l'année suivante l'adjoint de Rivot et ce jusqu'en 1856. Le même parcours est ensuite suivi par Auguste Moissenet, dont la scolarité exemplaire lui vaut d'être nommé par arrêté du 14 mai 1856 au Bureau d'essais et chargé du cours préparatoire de chimie générale. Il remplace Amédée Beudant l'année suivante, en 1857. 

Il avoue de plus avoir recours ponctuellement aux élèves externes. Depuis 1847, il en admet dans son propre laboratoire et leur fait analyser des échantillons pour le Bureau d'essais : « ils continuent sous ma direction immédiate leurs études analytiques, sur des échantillons remis au Bureau d'essais. Cette faveur accordée à quelques élèves profite donc en même temps au service du Bureau d'essais »> (Rapport adressé à Monsieur Combes (…) par M.Rivot, 15 mai 1857). Cette main d'oeuvre quasi gratuite permet au directeur de disposer des ressources nécessaires pour répondre aux demandes. 

 

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