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La guerre qui dure : réouvrir l'école ?

Une réouverture très attendue

Régulièrement au cours du conflit, la direction de l'École reçoit des demandes d'élèves étrangers souhaitant venir terminer leurs études à l'école des mines de Paris. Entre mars 1915 et août 1916, plusieurs étudiants de l'université de Liège de la section génie civil des mines sollicitent ainsi leur admission en vue de finir leur cycle. La durée de leur scolarité est de 5 ans et elle a été interrompue, parfois en plein examen final, à cause de l'occupation allemande. 

L'année suivante, l'École, pourtant fermée se trouve associée à un projet initié par le député André Honnorat qui consiste à intégrer des jeunes serbes dans les écoles de l'enseignement supérieur français : écoles forestières et d'agriculture, écoles des Beaux-Arts, École nationale des Ponts-et-Chaussées etc. 

Lettre de Gabriel Chesneau au colonel président de la Commission des poudres de guerre, 23 octobre 1917

Lettre de Gabriel Chesneau demandant la mise à disposition de l'élève Louis-Eugène Renié qui a contracté un engagement spécial en 1915 et travaille en tant que chimiste à la commission des poudres de guerre.

Novembre 1917 : les cours reprennent partiellement

En 1917, la situation de l'industrie minière française est jugée critique et elle manque toujours de personnel qualifié. Tout comme l'école des mines de Saint-Etienne, l'École nationale supérieure des Mines de Paris décide de réouvrir.

D'abord, il s'agit d'une reprise partielle des enseignements, destinée à accélérer la mise à disposition de certains élèves en fin de scolarité. Comme première mesure, on déclare "hors-concours", c'est-à-dire qu'on diplôme de fait, la promotion entrée en 1911 (les derniers à suivre une scolarité de 4 ans), à qui il ne manque que peu d'heures de cours. Le Conseil de l'École décide, lors de la séance du 4 octobre 1917, de faire revenir des élèves de la promotion de 1912. Celle-ci a été la première à bénéficier du nouveau régime des études en 3 ans, sans année préparatoire. Il leur reste environ une centaine de cours à suivre. 

Les élèves qui font leur rentrée en novembre 1917 sont soit dégagés de tout obligation militaire, soit peuvent, en raison de leurs fonctions au sein du service auxilliaire, assister aux cours à Paris. Gabriel Chesneau traite directement avec les autorités militaires pour obtenir les autorisations. 

Les cours théoriques ont lieu à raison de deux par jour, dans la matinée, de 8 heures et demi à midi et les travaux pratiques se déroulent l'après-midi. Malgré la mobilisation de certains professeurs, les cours sont assurés : Pierre Termier pour la minéralogie, Louis de Launay pour la géologie, Alfred Liénard pour la chimie industrielle et la construction...

 

Récapituatif des sessions scolaires pendant la guerre :

  • 5 novembre 1917-février 1918 : 7 élèves dont 2 élèves-ingénieurs
  • 3 juin 1918-février 1919 : 14 élèves, dont 2 élèves-ingénieurs et 1 élève étranger. 
Le concours d'admission de mars 1918

L'École organise, pour la première fois depuis l'entrée en guerre, un concours d'admission en mars 1918. C'est un concours destiné principalement aux jeunes gens de la classe 1919 non encore appelés. Il est également question d'organiser un concours d'admission pour les élèves mobilisés ayant dépassé la limite d'age, qui aurait lieu à la fin des hostilités. 

La réouverture des cours se poursuit en juin 1918, avec quelques élèves des promotions 1913 et 1914 réformés définitivement ou libérés des obligations militaires et des admis au concours 1918. En tout près de 85 candidats y ont participé. On leur dispense les cours de première année du nouveau régime. Ces élèves font partie de la promotion qui sera diplômée en 1921.

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