Meurand : Alidade à pinnules n° 4-28D, Meurand, XVIIIe siècle

Alidade pinnules Meurand

Métadonnées du document

Alidade à pinnules n° 4-28D, Meurand

L'instrument porte le n° 995

Un constructeur : Meurand [ou Meurant] circa 1788 – 1794

Meurand est proposé deux fois, en avril 1788 et en juin 1789, comme ingénieur breveté du roi : tout d'abord le 9 avril 1788 mais le 26 avril, l’Académie désigna pour la présentation au roi 8 noms dont il ne fait pas parti. Les élections suivantes n’ont lieu qu’au mois de juin 1789. Les commissaires présentent 7 candidats dont Meurand qui, finalement, n'est pas désigné.

Atelier de moindre importance. Cet atelier se signale par plusieurs instruments conservés aujourd’hui dans diverses collections ; Son atelier était situé quai de l’Horloge. Il a fourni en 1794 des instruments : un graphomètre, une planchette d’arpenteur, deux boussoles, deux étuis de mathématiques, deux rapporteurs, destinés à la mission militaire envoyée alors à Constantinople. Les pièces que nous connaissons de lui sont des instruments d’arpentage et de mathématiques, graphomètres à pinnules et à lunettes, niveau, compas de réduction, rapporteur (Utrecht, Leyde, CNAM, Mensing). Il fabriquait aussi des cadrans solaires (CNAM, Oxford).

Un instrument :

Etymologie : subst. Fem. Venant de l’arabe al-idhâha ou al idad ou alhledada qui désigne le même instrument. En grec on l’appelle souvent διοπτρα, dioptra, et en latin, linea fiduciae : ligne de foi.

Fonction : L’alidade sert à déterminer sur un plan horizontal matérialisé par une planchette la trace d’un plan vertical donné par deux de ses points.

Description : L’alidade est une règle en cuivre à chaque extrémité de laquelle est fixée perpendiculairement une pièce rectangulaire également en cuivre appelée pinnule et comportant l’une au-dessus de l’autre une fente verticale et une fenêtre rectangulaire dans l’axe de laquelle est tendu une soie, un fil ou un crin parallèle à la fente. Le plan vertical contenant les deux fentes et les deux fils passe par le bord intérieur de la règle appelé ligne de foi. La disposition relative de la fente et de la fenêtre l’une au dessus de l’autre est inversée pour chacune des pinnules de façon à ce que chacune des fentes sur l’une des pinnules ait une fenêtre lui faisant face sur l’autre. Ceci permet d’utiliser indifféremment l’une ou l’autre pinnule pour place de visée. Chaque pinnule, mobile autour d’une charnière, peut être rabattue sur la règle lorsqu’on ne se sert pas de l’instrument. Celui-ci est alors plus facilement transportable dans une boîte.

Mode d’emploi : L’alidade étant posée sur une planchette dont l’horizontalité a été vérifiée à l’aide d’un niveau, l’arpenteur place sont œil derrière la fente de l’une des pinnules. Il déplace l’alidade de façon à voir à travers cette fente le fil de la fenêtre de la pinnule opposée coïncider avec l’objet qu’il vise (le point de mire) et bissecter la fente par laquelle il regarde. Dans ce cas, le plan passant par la fente et le fil est le plan vertical recherché appelé plan de collimation, et sa trace est donnée par le bord intérieur de l’alidade (d’où la nécessité que par construction ce bord soit contenu dans ce plan. ''Vide supra''). La trace de ce plan est marquée par une ligne tirée à l’aide d’un crayon le long de la règle sur un papier (en suivant la ligne de foi de l’alidade). Puis retournant l’alidade bout pour bout, on vise à nouveau l’objet et on vérifie que le nouveau plan de collimation coïncide avec le premier.

Vérifications : Avant usage de l’alidade à pinnules, il faut vérifier :

  • que les pinnules déterminent bien un plan de visée (c’est-à-dire que chaque fente et le crin de la fenêtre opposée appartiennent à un même plan). Pour cela, on vise le crin par la fente et on vérifie qu’il se présente bien parallèlement aux bords de celle-ci.
  • Que le plan est vertical quand la règle alidade est horizontale. L’horizontalité de la règle ayant été établie à l’aide d’une nivelle, on dirige l’alidade sur une ligne verticale, matérialisée par un fil à plomb par exemple, et on s’assure que le fil de la pinnule postérieure couvre le fil à plomb.

Défauts et inconvénients de l’instrument :
Cet instrument manque de précision et est peu commode.

  • D’une part, la largeur de la fente et l’épaisseur du fil qui ne sont pas négligeables peuvent entraîner une erreur de direction du plan de collimation. En effet, en raison de la largeur de la fente, le point de vue peut s’écarter soit à droite soit à gauche (parallaxe), et en raison de l’épaisseur du fil ou du crin, on peut faire tourner légèrement l’alidade sans que le point de mire ne cesse d’être recouvert par le fil.
  • D’autre part, l’observateur ne peut pas voir nettement simultanément le fil de la pinnule antérieure et le point de mire qu’il doit faire coïncider et qui sont situés à des distances différentes. L’œil est obligé d’accommoder pour chacune de ces distances, et il en résulte une certaine fatigue.
  • L’utilisation de l’alidade à pinnules est limitée à la visée d’objets situés à portée de vue de l’observateur. Dans le cas contraire, on utilise une alidade à lunettes qui permet de pointer au loin avec plus de facilité et qui sont plus justes.

Historique :

L’alidade a présenté au cours du temps et selon les besoins diverses dispositions :

  • alidade en bois à viseur ;
  • alidade à lunettes en bois ou en cuivre ;
  • un œilleton (petit trou circulaire) peut remplacer la fente de la pinnule. L’œil se trouve diaphragmé ce qui lui permet de mettre au point simultanément sur la croisée de fils et le point de mire. Inconvénient : l’ œilleton diminue la clarté (la fente la diminue beaucoup moins).
  • Le fil vertical de la fenêtre est remplacé par une croisée de fils.

XVIIIe siècle

Instrument scientifique

Fichiers : Licence Ouverte Etalab

Inventaire : Bibliothèque de l'École des mines de Paris, EMP INSTR 0015

MINES ParisTech

Œuvre : Domaine public

Aucune

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